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Prise de position de la section CGT Finances Publiques du Tarn

14 Avril 2020 , Rédigé par CGT Finances Publiques Tarn Publié dans #Social

Prise de position de la section CGT Finances Publiques du Tarn

Chaque jour, le nombre de victimes du covid 19 s’alourdit, chaque jour, les personnels soignants, les travailleurs risquent leur vie.

Chaque jour nous livre de nouvelles confirmations que Macron, son gouvernement et ses prédécesseurs, sont responsables de la situation présente, de l’impréparation délibérée de la crise sanitaire :

-Mediapart a démontré la gestion catastrophique et mensongère de l’État sur les stocks de masques, mettant en danger des milliers de soignants et de travailleurs.

-Le gouvernement a refusé et freine encore aujourd’hui délibérément la mise en place de campagne massive de dépistage.

-Ce gouvernement et ses prédécesseurs ont étranglé la recherche , en particulier la recherche sur les virus, mais le CIR ( crédit impôt recherche) a coulé à flot pour les grands groupes  pharmaceutiques.

-Le système de santé public a été saccagé (100 000 lits fermés en 20 ans ).

-Des entreprises de production de masques, de bouteilles d’oxygène médical, ont été fermées, au nom de la sacro-sainte loi du profit.

La stratégie "sacrificielle de l'immunité de groupe" (Lordon) est dictée par la loi du profit, de l'exploitation forcenée de la force de travail, "quoi qu'il en coûte" ! 

 

Les conséquences sont dramatiques :

absence de masques y compris pour les soignants, absence de tests qui permettraient de confiner ceux qui sont atteints, manque de lits pour accueillir tous les malades, de matériel de réanimation, possible pénurie d’anesthésiants.

Et il faudrait se taire, comme Macron nous y exhorte ? :

« Lorsqu’on engage une guerre, on s’y engage tout entier, on s’y mobilise dans l’unité. Je vois dans notre pays les facteurs de division, les doutes, toutes celles et ceux qui voudraient aujourd’hui fracturer le pays alors que nous ne devons avoir qu’une obsession : être unis pour combattre le virus »(Mulhouse, le 26 03)

Non , La CGT Finances Publiques du Tarn rejette et dénonce cette « union sacrée »

Dans le combat contre l’épidémie, aucune confiance ne peut être accordée à Macron et son gouvernement. A la DGFIP comme ailleurs !

Comme la CGT de l’AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris) le 11 mars, nous disons :

 

« Des directions de l’AP-HP osent faire passer l’idée “qu’en temps de guerre, les soldats doivent aller au front ! ”

(...)Non, nous ne sommes pas en guerre !

Nous sommes dans le 5e pays le plus riche du monde, où l’épidémie serait gérable si la santé n’avait pas été prise uniquement sur le critère de la rentabilité et du libéralisme.(…)

Si l’épidémie de coronavirus est une cause nationale, le système libéral doit être mis à contribution et les activités libérales mises au service de tous et tout de suite.

Le gouvernement va-t-il réquisitionner ?

-les établissements et les lits privés pour se mettre à la disposition d’une cause nationale

-les médecins libéraux au lieu de faire des appels à leur volontariat.

Va-t-il, en période de crise sanitaire, supprimer la notion de dépassements d’honoraires, pour un libre accès aux soins pour toutes et tous ?

-les laboratoires et/ou cabinets de radiologie privés afin d’assurer l’afflux des dépistages et pour les diagnostics les entreprises de production des matériaux médicaux et pharmaceutiques pour l’urgence sanitaire. (...)

Pendant que le gouvernement et les médias aux ordres surfent sur le coronavirus, celui-ci restreint les libertés de manifestations ou de circulation, on ne parle plus de la contestation à la politique de Macron et de sa loi adoptée à coup de 49.3. Il faut éradiquer les virus “Libéralovirus”et “Macronavirus”. Ils sont nocifs pour notre santé »

 

Si Macron est en guerre, c'est contre les travailleurs et la jeunesse, au compte du capitalisme en crise.

 

La loi de finances rectificatives prévoit 45 milliards de cadeaux aux patrons, en grande partie sur le dos de la sécurité sociale (exonération de cotisations sociales, paiement des jours dabsence ) et des miettes pour lhôpital public et la recherche contre le Covid-19.

La loi sur l’état d’urgence sanitaire donne pleins pouvoirs à Macron et son gouvernement et liquide purement et simplement le code du travail et les libertés démocratiques.

Raphaël Kempf, avocat pénaliste, la caractérise, dans une tribune publiée dans « le monde »: 

«Il faut dénoncer l’état d’urgence sanitaire pour ce qu’il est, une loi scélérate»

L’expérience de l’état d’urgence instauré en 2015 nous rappelle que la plupart des mesures d’exception sont ensuite intégrées dans le droit commun.:

Il rappelle :« Édouard Philippe a présenté le nouvel état d’urgence sanitaire comme étant structuré sur le modèle de « l’état d’urgence de droit commun ».

À travers cet oxymore de l’état d’exception « de droit commun », le premier ministre fait donc l’aveu que ces mesures ont vocation à se normaliser et que les discours d’apaisement sur le caractère temporaire et exceptionnel de ces mesures ne sont qu’une rhétorique rapidement remise en cause par les faits. » (« Le Monde », 24 03)

Pour le droit du travail, les patrons sont libres désormais de fixer la date des congés payés, de modifier les temps de repos et d’allonger la durée de travail hebdomadaire jusqu’à 60h au lieu de 48h.

Ces modifications peuvent également concerner les fonctionnaires. C’est le retour au 19ème siècle en matière de droit du travail et ce pour une période qui peut aller jusqu’à un an...renouvelable.

L’application des ordonnances, c’est, pour Renault (50000 salariés en France) : 6 jours de travail par semaine jusqu’à 3 semaines par mois, les Heures sup payées 10% en plus au lieu de 25%, les congés d’été contingentés à 12 jours !

Et cet assaut majeur contre le droit du travail et les libertés ouvrières et démocratiques contenues dans la loi dite «d’état d’urgence sanitaire» ne concernerait pas la DGFIP ?

Qui peut croire que ces ordonnances ne sont pas faites pour faire payer, non seulement les travailleurs du privé, mais également les fonctionnaires, pour aujourd'hui, mais aussi pour demain, quand nous subirons le plein développement de la crise économique sans précédent que la catastrophe sanitaire a précipitée ?

C’est pourquoi La CGT Finances Publiques du Tarn condamne la loi dite d’urgence sanitaire et en exige l’abrogation.

Déjà, alors que les conditions d'exercice de nos missions ne répondent pas aux conditions de sécurité sanitaire minimales ( absences cruelles de moyens de protection notamment ), la volonté de la DGFIP est d’accélérer la reprise du travail dans les services !

Pour la CGT Finances Publiques du Tarn, il est hors de question de respecter les injonctions de la DG ou de notre directeur si elles menacent la santé des agents. Nous condamnons les appels au sacrifice alors que la DG reconnaît elle-même l’absence cruelle de moyens de protection, nous condamnons aussi les campagnes de culpabilisation et d’intimidation.

Nous exigeons les moyens nécessaires à la lutte contre la pandémie, à la protection des agents, pas pour garantir les profits des grands groupes comme Airbus ou Renault, ou ceux des Notaires !

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