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Geoffroy Roux de Bézieux ou: on ne saurait caricaturer une caricature

17 Avril 2020 , Rédigé par bernard GENSANE Publié dans #Social

Geoffroy Roux de Bézieux ou: on ne saurait caricaturer une caricature

Geoffroy Roux de Bézieux, le patron des patrons, a appelé les entreprises à reprendre le travail dès maintenant. Il a lancé cet appel depuis son château du Croisic où il est confiné. Et il a proposé de donner l’exemple en travaillant comme caissier une journée dans un supermarché. Non, là, j’déconne vraiment.

 

 

Dans la France du banquier éborgneur qui se prend pour Jupiter, il y a les manants qui se prennent une amende de 135 euros parce qu’ils sont sortis de chez eux munis du précieux ausweismais qui n’ont acheté qu’une seule baguette, et puis il y a les faux aristos (la République ne reconnaît pas les nobles) qui ne respectent pas le confinement, même dans leurs résidences luxueuses. C’est le cas de ce Bézieux qui, selon Ouest-France, est retourné à Paris le 22 mars au soir après avoir été vu en train de faire ses courses dans la charmante cité de Loire-Atlantique. Ne sachant apparemment pas qu’il existe la possibilité de visio-conférences, Bézieux a violé la loi pour assister à une réunion du conseil exécutif du syndicat patronal.

 

 

Geoffroy Jacques Roux de Bézieux est né le 31 mai 1962 dans le XVe arrondissement de Paris. Fils de Bruno Roux de Bézieux, dirigeant de plusieurs sociétés nationales et multinationalesdont la Financière Truffaut, le petit Geoffroy n’a eu qu’à naître et récupérer la cuiller d’argent qu’il avait dans la bouche. Un Henri Alphonse Émile Roux de Bézieux fut l’un des administrateurs de Péchiney et d’Ugine. La famille fut anoblie par charge d’échevin de Lyon en 1769 et appartient – mieux vaut tard que jamais – à l’Association d’entraide de la noblesse française (une association d’utilité publique mais qui ne répond pas à l’intérêt général) depuis 1989.

 

 

Fils d'un banquier et ancien élève du lycée Sainte-Croix de Neuilly, Geoffroy fut élevé entre le XVIe arrondissement et Neuilly-sur-Seine. Il est diplômé de l’ESSEC (pourquoi pas HEC ?) et de l’université Paris-Dauphine en “ affaires internationales ”. La liste des anciens élèves de Sainte-Croix est prestigieuse : le cardinal Daniélou (spécialiste de la mort subite et de l’épectase), Didier Recoin, François-Xavier Demaison, le recteur Robert Mallet, Jean Piat, Pierre Renoir. Entre 1984 et 1986, le soldat Bézieux accomplit son service militaire dans les commandos de marine, unité d’élite spécialisée dans le contre-terrorisme.

 

 

Milton Friedman semble être sa grande référence intellectuelle : « Attention, dit-il, Friedman explique que la liberté économique amène la liberté politique, pas le monétarisme du capitalisme sans foi ni loi, explique-t-il. Je pense que la liberté est supérieure à l’égalité, notamment parce que c’est grâce à elle que les hommes innovent. Mais parallèlement, chacun doit être responsable de ses actes. »

 

 

Bézieux (« Roux de Bez », comme l’appellent ses familiers) entre chez L’Oréal en 1986. Il en devient le directeur “ Marketing UK ” avant de créer la filiale polonaise en 1993. En 1996, il crée The Phone House, devenant très rapidement le plus gros vendeur de téléphones portables. En 2007, il entre au conseil de surveillance de PSA dont il devient vice-président. De 2005 à 2008, il préside l’association CroissancePlus, un groupe de pression d’entrepreneurs soucieux d’éthique (si, si !). Il est l’un des membres de la Commission pour la libération de la croissance française en 2008 (Commission “ Attali ”), dont le futur banquier éborgneur est rapporteur général adjoint.

 

 

Il est élu président de l’Unédic en mai 2008 et s’occupe de la bonne marche du club sportif Bourgoin-Jallieu Rugby.

 

 

En 2013, il devient vice-président du Medef. Cinq ans plus tard, il est élu président du syndicat patronal.

 

 

En avril 2019, il se prononce en faveur d’un recul de l’âge légal du départ à la retraite et qualifie la réforme des retraites du banquier éborgneur de « vrai progrès social ».

 

 

En juillet 2019, il invite Marion Maréchal Le Pen à l’université d’été du Medef. Il est contraint d’annuler cette invitation suite aux remous dans ses propres rangs qui avaient découvert l’invitation en lisant la presse.

 

 

Ces jours-ci, il propose de supprimer des jours fériés, des congés payés, ou encore d’allonger le temps de travail pour relancer la croissance et réduire la dette publique. Il ne lui vient pas à l’esprit de pénaliser le capital ou les détenteurs de dividendes.

 

 

Geoffroy Roux de Bézieux : le sabre, le goupillon et le pognon.

 

http://bernard-gensane.over-blog.com/2020/04/geoffroy-roux-de-bezieux-ou-on-ne-saurait-caricaturer-une-caricature.html

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