Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Confrontés à des conditions de travail dégradées, les chauffeurs-routiers menacent d’exercer leur droit de retrait

6 Avril 2020 , Rédigé par MARINE LEDUC pour BASTA

Confrontés à des conditions de travail dégradées, les chauffeurs-routiers menacent d’exercer leur droit de retrait

Six camions de fret français sur dix sont à l’arrêt. Les autres assurent la logistique et l’approvisionnement des secteurs encore en activité, notamment ceux considérés comme essentiels. Avec la fermeture des aires et restaurants routiers, ou l’absence de mesures d’hygiène dans certains entrepôts, les conditions de vie de nombreux chauffeurs-routiers sont jugées déplorables.

En temps normal, ils assurent 88 % du transport de marchandises en France. Nombre d’activités considérées comme essentielles, de l’approvisionnement alimentaire à celui de matériel médical, dépendent des chauffeurs routiers, bien que six camions sur dix sont désormais à l’arrêt du fait du ralentissement économique. Fautes de douches, de sanitaires et de parking, avec la fermeture des restaurants routiers et des aires de repos, leurs conditions de vie sur la route deviennent déplorables. Ils doivent souvent se garer en bord de nationale, une bouteille d’eau en guise de douche et, avec pour seuls sanitaires, des toilettes sales ou un fossé. Pour les femmes, cette situation est encore plus difficile. En l’absence d’amélioration de leur situation, leurs syndicats les invitent à utiliser leur droit de retrait.

« Nous avons beaucoup bataillé avec le ministère des Transports, explique Vanessa Ibarlucea, de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR), qui représente les employeurs et les chauffeurs indépendants. Nous avons réussi à faire rouvrir des services sur les routes. » Certains demeurent encore inaccessibles, notamment sur les routes nationales. Mihai, routier de 46 ans d’origine roumaine, a la boule au ventre avant de reprendre son camion le 23 mars. Il n’a toujours pas trouvé un moyen de stationner ou d’aller aux toilettes sur l’itinéraire qu’il emprunte entre la Bretagne et la région parisienne. Quant aux mesures de protection, peu d’employeurs ont les moyens de fournir des masques et du gel à leurs chauffeurs. « J’ai vidé le stock de masques et de gel qui traînaient chez moi », dit Mihai.

Accès refusé aux toilettes et à la machine à café : « Ils se sentent comme des "pestiférés" »

Autre choc pour les routiers : se voir refuser l’accès aux toilettes et à la machine à café dans les dépôts. « Certains m’ont appelée en larmes, éreintés par ces rejets constants, évoque Vanessa Ibarlucea. Ils se sentaient comme des "pestiférés". Nos consignes ont été claires pour les semaines qui viennent : les chauffeurs doivent avoir accès à des points d’eau avec des sanitaires propres à chaque livraison ou chargement. » Vinci a promis de rouvrir tous les sanitaires sur les aires des autoroutes dont il a la gestion. La CDFT ou FO poursuivent cependant les discussions avec le gouvernement, estimant que les mesures sont encore insuffisantes.

Partager cet article

Repost0

Commenter cet article