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Communiqué du SNUipp-FSU sur la réouverture des écoles

30 Avril 2020 , Rédigé par SNUipp FSU Tarn Publié dans #Social

Communiqué du SNUipp-FSU sur la réouverture des écoles

Annonces, contre-annonces, contre-contre-annonces. Depuis le début de la crise sanitaire du Coronavirus, nous subissons les annonces, interventions, allocutions de nos dirigeant.es qui se contredisent les uns les autres, contredisent les avis éclairés de médecins, de scientifiques et contredisent même dernièrement le Conseil scientifique dont ils sont sensés suivre les conseils et qui est pourtant largement à leur botte.

 

Le président, son 1er ministre et son ministre de l’Éducation pourraient presque nous convaincre lorsqu’ils nous parlent du danger des inégalités scolaires et des enfants qui ont décroché ou n’ont pas pu suivre les cours à distance car ils ou elles n’avaient pas accès aux outils informatiques ou au soutien de leur famille. Ils pourraient presque nous convaincre si nous oubliions que ce sont eux, en grande partie, qui sont responsables de ces inégalités. A l’image de ce qu’ils ont fait à l’Hôpital Public, ils ont également considérablement affaibli l’Éducation Nationale et aggravé ces fameuses inégalités scolaires. Inégalités, qui ne datent pas d’hier et que le SNUipp-FSU ne cesse de dénoncer en réclamant des moyens pour lutter contre. Inégalités, qui, avant d’être scolaires, sont sociales et que les gouvernements successifs, dont bien sûr l’actuel, ont creusées à grands coups de politique libérale, de casse des services publics et des systèmes de solidarité, de destruction du modèle social issu du Conseil National de la Résistance.

 

Alors serait-ce l’hémisphère gauche du président Macron qui se réveillerait ? Après tout, il rouvre les écoles pour, selon lui, lutter contre les inégalités, il semble, d’après ses dires, reconnaître l’utilité des services publics et de celles et ceux « qui ne sont rien », les « sans dents ».

Ne nous laissons pas tromper. Macron reste Macron, c’est à dire le champion du néolibéralisme, qui prône la fin des services publics et la monétisation et la marchandisation de toute la société.

 

Le néolibéralisme dont Macron est le porte-parole est bien derrière ce déconfinement à la hâte et la réouverture des écoles.

Cette réouverture qu’a voulu E. Macron n’obéit qu’à ses maîtres. Les actionnaires veulent leurs dividendes, donc des entreprises rentables donc des employé.es qui travaillent, y compris au péril de leur misérable vie de pauvre, donc une garderie pour leurs enfants. Ce n’est pas l’école qui rouvre le 11 mai, c’est une garderie pour enfants d’ouvrier.ères, de technicien.nes, de soignant.es, de toutes celles et ceux, qui devraient mettre leur santé, voire leur vie, en jeu pour que l’argent continue de couler à flot dans les poches des actionnaires. Et pour les enseignant.es, la charge de travail sera multipliée par deux : travail présentiel et distancié.

 

Leurs pseudos arguments pédagogiques ne tiennent aucunement la route. La réouverture des écoles ne sert que l’Économie.

Sinon, pourquoi seule l’École Primaire rouvrirait ? N’y a-t-il pas d’inégalités scolaires pour les élèves du secondaire ? N’y a-t-il pas d’élèves décrocheur.ses au collège et au lycée ?

Et bien si, seulement ces enfants sont en âge de se garder tous.tes seul.es. Pas besoin de garderie pour elles et eux.

 

Faire de la reprise de l’École, un soi-disant choix des parents est une preuve de plus qu’il s’agit en réalité d’une garderie pour celles et ceux qui n’ont pas le choix. En effet, quels parents ayant réellement le choix, laisseraient leurs enfants se rassembler quotidiennement avec d’autres sans aucune protection, en sachant que les enfants, surtout les plus petits, ne peuvent pas respecter les « gestes barrières » ?

 

Alors que nos voisins européens qui sont dans la même situation que nous ont tous décidé de ne rouvrir les écoles qu’en septembre pour se donner des mois supplémentaires de répit, la France est est le seul pays européen gravement touché à rouvrir avant la fin de l’année scolaire.

Pourtant, l’Italie, l’Espagne, la Grande-Bretagne connaissent les mêmes réalités que nous. Même le premier ministre britannique, qui pourtant n’apparaît pas comme l’homme le plus sensé du monde, semble faire passer la santé de sa population avant l’économie. Peut-être son passage en soins intensifs l’a-t-il aidé dans sa décision ? Les décisions et la gestion de la crise par E. Macron et son gouvernement ne cessent d’interroger et d’inquiéter. Elles doivent désormais nous indigner.

 

De plus, comment ne pas être choqué par la limitation à 10 personnes pour les rassemblements sur la voie publique et privée, alors que dans le même temps des rassemblements à 16, 17, 18 ou 19 (en comptant l’enseignant.e, l’ATSEM, la ou les AESH) sont imposés dans des lieux fermés que sont les écoles avec des enfants qui ne peuvent pas respecter les gestes barrières. Pour le gouvernement, ce qui est bon pour l’économie, ne l’est pas pour les loisirs et encore moins pour le droit de manifestation...

 

Pour finir, et cela semble évident même pour des profanes tel.les que nous, plusieurs épidémiologistes ont modélisé la propagation du virus et s’accordent à dire qu’avec ce déconfinement, et à fortiori avec la réouverture des écoles, l’épidémie va repartir. Le gouvernement nous prépare une deuxième vague, et ce n’est pas une misérable prime pour les soignant.es qui les aidera à l’affronter à nouveau.

 

 

Depuis l’annonce d’E. Macron de rouvrir les écoles, le SNUipp-FSU du Tarn s’est prononcé contre.

A la lumière des éclairages, très succincts, d’E. Philippe, le SNUipp-FSU réaffirme son opposition à la réouverture le 11 mai des écoles, qui ne seront rien d’autre qu’un lieu de garderie pour enfants de travailleur.ses, un lieu d’incubation et un foyer de transmission du virus.

 

Pour le SNUipp-FSU, l’école doit bien sûr reprendre, mais pas dans n’importe quelles conditions : il faut un cadrage national validé par les autorités scientifiques et médicales, et énormément de temps pour le décliner localement avec l’ensemble des équipes éducatives (Enseignant.es, AESH, ATSEM, Parents, agent.es territoriaux…). La reprise de l’école dans ce contexte de crise sanitaire sévère s’anticipe et se prépare. Elle ne s’improvise pas ! Une reprise en septembre, préparée dès maintenant par l’ensemble des professionnels et usagers de l’école, semble de bon sens.

 

Puisqu’E. Philippe laisse « le maximum de souplesse aux terrains » (lire entre les lignes : débrouillez-vous dans les territoires et ne comptez pas sur le gouvernement pour endosser la responsabilité quand il y aura des morts), le SNUipp-FSU du Tarn mettra tout en œuvre pour protéger la population, les enfants, les familles, les personnels, notamment en interpellant les acteurs et actrices de terrain (élu.es, parents d’élèves, préfecture, DSDEN, médias…) et en proposant très prochainement des modalités d’action aux collègues.

 

Albi, le 29 avril 2020

 

Le SNUipp-FSU 81,                  

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