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Evaluations CP-CE1: vers une standardisation de l'enseignement?

18 Septembre 2019 , Rédigé par PCF SECTION DES BASTIDES 81 Publié dans #Social

Evaluations CP-CE1: vers une standardisation de l'enseignement?

Les actuelles évaluations nationales de CP et de CE1 ne reflètent pas les apprentissages mis en œuvre dans les classes, et laissent de côté des domaines pourtant très importants pour la culture et l’épanouissement des élèves. Dans les pays appliquant les évaluations nationales, on constate déjà l’appauvrissement des contenus, voire la disparition de certaines matières jugées secondaires, par exemple les matières culturelles ou sportives.

 

Ces évaluations présentent un risque : le bachotage ! En effet, la pression mise sur les enseignants pourrait amener ces derniers à ne préparer que les matières abordées dans ces évaluations. Il en résulterait un appauvrissement des enseignements, ce qui serait tout à fait préjudiciable à nos enfants.

 

D’ailleurs, la pression existe : certains inspecteurs de l’Education Nationale, pressés par la statistique,  n’hésitent pas à pointer du doigt des « manques » dans telle ou telle école, dans tel ou tel département. Il en résulte alors un mal-être chez les enseignants, qui ont l’impression que leur enseignement n’est pas « à la hauteur ».  On ne doit pas admettre cette situation. Chaque école reçoit des populations d’élèves différentes, et les évaluer toutes de la même façon est une aberration ! Une mise en concurrence des écoles, c’est très rapidement à cela que nous arriverons, si on s’engouffre dans le système !

 

Nous pouvons aussi nous poser la question suivante: évaluer les élèves dès le CP, pourquoi ? Pour qu’ils rentrent dans certaines cases, qu’ils soient catalogués à 6 ans ? Pour que, au nom de leurs évaluations du primaire, ils se voient peut-être plus tard orientés d’office vers telle ou telle voie d’enseignement ? Pour qu’on leur refuse, toujours au nom de leurs évaluations, telle ou telle option ?

 

Autre point à relever : ces évaluations ne permettent pas aux enseignants d’affirmer leur professionnalisme, en réduisant la part de conception personnelle, et, ainsi, en ne permettant pas d’adapter leur enseignement à chaque élève, notamment aux plus fragiles.

 

Les enseignants ont toujours évalué régulièrement leurs élèves. Mais, jusqu’ici, ils adaptaient leurs évaluations à l’enseignement dispensé, à la réalité du terrain, à l’élève qu’ils évaluaient. Imposer des évaluations nationales, conçues par des têtes pensantes, souvent loin des réalités de la classe, c’est nier les capacités des enseignants à penser leurs évaluations. On ne peut pourtant pas nier que ces dernières étaient largement plus adaptées à la réalité des classes que ne le sont les actuelles évaluations nationales !

 

Il faut donc que les évaluations soient mises au point par les enseignants qui sont tous les jours sur le terrain. Il faut reconnaître leur professionnalisme, et garantir leur liberté pédagogique. Les évaluations resteront ainsi des évaluations pleines de sens, appropriées au public d’élèves, tenant compte des spécificités de chaque école, et non déconnectées de la réalité du terrain.

Les évaluations nationales, globales et standardisées, n’ont pas lieu d’être. Il faut refuser des évaluations instrumentalisées, mises au point pour tester les performances du système éducatif, pour mesurer l’efficacité d’une politique. Il en va de la richesse de l’enseignement dans notre pays, d’un enseignement qui met au centre l’élève, qui permet son épanouissement.

 

On peut se demander si nos politiques n’attendent pas un enseignement uniformisé, qui viserait à faire des élèves des futurs citoyens dociles, malléables...

 

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