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Apprendre à lire, oui, mais surtout apprendre à comprendre !

15 Septembre 2019 , Rédigé par PCF SECTION DES BASTIDES 81 Publié dans #Social

Apprendre à lire, oui, mais surtout apprendre à comprendre !


La méthode syllabique prônée par le ministre de l’éducation nationale est en totale contradiction avec les acquis de la recherche en matière de pédagogie et de développement de l’enfant apprenant.
Lire, ce n’est pas seulement décoder un écrit ou l’oraliser aussi rapidement que possible. Cette vision terriblement réductrice de l’acte de lecture est une aberration.
Lire, c’est donner du sens à un texte, entrer en relation avec un auteur absent. Lire, c’est décoder pour comprendre, pour faire des liens et pour réfléchir. C’est faire appel à ses souvenirs, à ses connaissances pour ne pas être un lecteur passif.
L’apprentissage de la lecture passe par le décodage, certes, mais doit être en corrélation avec la production d’écrits, les échanges oraux. C’est en menant de front toutes ces activités que l’élève pourra construire une compétence de lecteur, tout au long de sa scolarité.
Il deviendra alors et seulement un citoyen à part entière, capable de réflexion, capable d’argumenter, capable d’organiser sa pensée et d’agir dans la société qui l’entoure.
Réduire la lecture à un simple décodage, sans insister sur le sens, l’implicite, le non-dit, c’est former de futurs citoyens seulement bons à exécuter. Et ce n’est pas pour rien que le ministère prône la syllabique ! Les futurs citoyens seront ainsi plus malléables, moins revendicatifs, de braves petits soldats au service de leur gouvernement, de leurs patrons.
De plus, la conception de l’enseignement qui est celle du gouvernement est inadmissible pour le personnel enseignant. C’est une conception autoritariste et terriblement réductrice.
Elle prive les enseignants de leur réflexion pédagogique, elle réduit la possibilité d’organiser leur travail au mieux pour leurs élèves. Elle transforme les enseignants en simples exécutants, niant leur professionalisme.
Tout enseignant est capable de penser son travail. C’est ce qu’il fait chaque jour, en préparant ses cours, en les adaptant à ses élèves, en les remaniant pour aider les élèves en difficulté.
C’est en diversifiant les approches pédagogiques, comme il le fait, qu’il gomme les inégalités sociales entre les élèves, qu’il permet à chacun d’avancer à son rythme, de combler ses
lacunes. Ce n’est pas avec une méthode dirigiste et rigide que l’enseignant pourra adapter ses cours aux difficultés de chacun. La diversification est indispensable, et la progression de chaque élève individuellement doit être prise en compte.
Pour parvenir à ce que chaque élève progresse et réussisse, il faut des progressions cohérentes pensées en équipe. Il faut aussi un projet partagé avec les familles, afin qu’elles soient partie prenante du progrès de leurs enfants.


Nous devons nous demander quelle école nous voulons pour nos enfants. Car ce choix conditionnera tout leur avenir, leur rapport à la société, leur réussite ou leur échec.


Penser l’école de demain, c’est penser la société de demain.

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