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La CGT des hospitaliers d'ALBI s'adresse à Edouard PHILIPPE

4 Juillet 2019 Publié dans #Social

La CGT des hospitaliers d'ALBI s'adresse à Edouard PHILIPPE

M. Edouard Philippe,

 Premier ministre Albi,

 vendredi 14 juin 2019

 

Monsieur,

Vous avez devant vous une délégation de l’hôpital D’ALBI. Nous représentons nos collègues de la santé. Nous sommes tous des agents de la fonction publique : nous avons en commun le statut général des fonctionnaires : nous avons des droits et des devoirs.

Nous allons donc faire écho à ce qui se passe en France : et une question nous anime aujourd’hui « comment vivre au quotidien dans les villes de France » alors que dans le même temps nous réalisons que la « casse « de nos services publics est « en marche » !

On ne s’y trompe pas : votre projet de loi « transformation de la fonction publique « est en contradiction avec les valeurs du service public. Une fonction publique doit être au service de tous et porter l’intérêt général et collectif. Nous exigeons le retrait de ce projet : il développe le recours aux contractuels, la précarisation, le non remplacement des départs à la retraite ! Est-ce cela ? Moderniser la Fonction publique ! : La non revalorisation des rémunérations, la suppression des postes, l’affaiblissement des droits et garanties, l’application du jour de carence ?

Les hôpitaux vont mal ! Notre hôpital d’Albi est proche de l’agonie ! L’endettement est tel qu’il est périlleux pour notre hôpital de se moderniser ! Et encore une fois : le personnel en paye les frais ! Le personnel des services de Cardio et de neurologie est en grève illimitée depuis 4 jours : les agents refusent le projet de la Direction : celui-ci va avoir des conséquences délétères pour la prise en charge des patients accueillis !

La direction d’Albi impose un Plan Directeur Immobilier qui aurait une valeur (cour des comptes) de 39 millions d’euros. Nous sommes 67 millions d’habitants en France, ce qui revient à environs 50ct d’euros/ habitant…..à méditer.

Une 1ère étape de ce plan se situe par un regroupement des services de neurologie et cardiologie avec une perte de 3 lits et surtout un risque de perte des spécialités pour le service public.

Les agents de ces secteurs décident de se mettre en grève car ils ne sont 2 pas concertés pour ce projet qui de ce fait leur est imposé. Il leur est demandé de sacrifier leur savoir-faire pour s’adapter à un fonctionnement rentable.

Les agents demandent à être entendus professionnellement afin de conserver les soins de qualité, reconnus par la population albigeoise. La direction pense les rassurer dans un article sur la dépêche !!!

Nous constatons : aucune trace de présentation de ce projet aux instances, seul un avis sera demandé en point final après les travaux.

Comprenez que laisser les agents sans information, sans concertation génère un mal être professionnel. Ce qui signifie qu’à l’Hôpital d’Albi le cher « dialogue social » prôné par votre gouvernement se transforme par un « monologue social imposé ».

De ce fait les agents doivent s’adapter aux nouvelles conditions d’exercice de leur métier avec des contraintes qui se multiplient (suppressions de postes, augmentation de la charge de travail, modification du travail imposé..).

Sur le bassin albigeois, la population vieillie, les besoins grandissent, les lits de cardiologie se réduisent…..

Quelle capacité aura l’Hôpital d’Albi pour répondre à sa mission de service public d’accueil de tous.

Les agents en grève demandent :

-d’arrêter les organisations qui mettent en péril la santé des patients accueillis et des professionnels.

-de stopper la mise en place du Plan Directeur Immobilier, contesté par l’ensemble des professionnels de santé.

-la création des emplois nécessaires pour remplir nos missions de service public

-le remplacement systématique de tous les arrêts : maladie ordinaire, maternité, longue maladie, accident de travail, maladie professionnelle et le remplacement immédiat de tout agent partant à la retraite…..

-la titularisation de tous les contractuels

-une négociation immédiate

Nous estimons que les actions projetées ne vont pas améliorer la qualité des prises en charge et la sécurité des soins ni garantir une qualité de vie au travail !

La santé n’est pas une marchandise.

Trop d’efforts de productivité reposent sur le personnel.

Actuellement les agents cumulent des heures supplémentaires : Celles-ci ne sont ni payées ni récupérées !

L’établissement fonctionne à crédit sur le dos déjà trop courbé des 3 professionnels. Ces heures, représentent + de 60 postes ETP sur une année.

Les agents travaillent « bénévolement » pour pouvoir soigner correctement, effectuant parfois des journées de 10 voire 12 heures. Ils terminent souvent leur journée sans avoir pu aller manger ou uriner, les jambes lourdes, le dos douloureux !

Il est urgent d’avoir plus de bras :

  •          pour remplacer ceux qui sont épuisés :
  •          pour leur permettre de s’éloigner de cette masse de souffrance afin de se ressourcer.
  •           pour prendre soin enfin de leur famille
  •           pour revenir donner des soins de qualité.

Il apparaît clairement que la maîtrise des dépenses, en s’attaquant aux ressources humaines, met en péril la qualité et l’offre de soins de notre hôpital. Calculette à la main, les décideurs de notre établissement tranchent dans le vif de la prise en charge des patients.

Il faut réorganiser restructurer, faire des efforts encore et toujours plus. Les agents refusent ces réorganisations qui sont imposées : l’exemple de la cardio et neurologie en est une bonne illustration. Les soignants n’ont, à aucun moment, été concertés. De même, la décision a été prise sans se préoccuper de l’organisation des services, de la qualité des soins et surtout des besoins des patients sur le bassin nord du Tarn.

Laissons le Lean management dans les usines de voiture…. Nous, nous avons des humains en charge !!!!

Cette recherche de la rentabilité est en train de détruire le service public, de tuer les motivations, les convictions, les compétences des agents qui œuvrent dans tous les secteurs. Faire toujours plus avec de moins en moins de temps : c’est le patient qui va en pâtir. Ce patient ce sera vous demain, l’un de vos proches, votre enfant…

Quelle est votre responsabilité face à ces situations qui au final auront des répercussions sur l’augmentation des risques psycho-sociaux ?

Alors non, les soignants, les techniques et les administratifs du CH ALBI ne peuvent plus et ne veulent pas faire plus avec moins.

Les patients ont besoin de nous de jour comme de nuit.

Que veut dire « Service Public Hospitalier » si cela signifie « économie sans service rendu ».

Votre gouvernement au travers de ses projets, menace la santé tout comme l’égalité face aux soins.

L’investissement nécessaire pour entretenir et développer l’outil « hôpital », pour se préparer au vieillissement de la population, nécessite des financements suffisants.

Il est insupportable que l’hôpital doive emprunter aux banques. L’argent de nos impôts doit servir en priorité à assurer le système de santé.

La marge d’auto financement que l’hôpital doit dégager se fait sur la rentabilisation des productions de soin. C’est donc sur les « dos » du personnel hospitalier que se finance la modernisation de L’Hôpital.

La restriction des budgets, la succession des PRE ont amené dans le fonctionnement de notre hôpital des dérives de gestion que vous ne pouvez plus ignorer :

 + De 300 agents sont en CDD sur des postes de remplacement permanent /1200 employés.

Le plan « ma santé 2022» ne répond à aucune des revendications exprimées par le personnel à bout de souffle.

L’urgence pour la CGT, c’est 100 000 emplois nouveaux pour les hôpitaux français. C’est arrêter les restructurations à l’image de ce qui se passe à l’hôpital d’ALBI en neuro et cardio. L’urgence, c’est un moratoire sur la suppression des lits de spécialités !

Nous soutenons tous les projets qui permettront le développement de nouvelles activités ! L’urgence pour la CGT, c’est d’augmenter l’ONDAM à au moins 5%, de refaire fonctionner la solidarité et le partage des richesses en rétablissant l’ISF (qui rapportait 4 milliards/an) C’est aussi, pour la CGT, de conserver la reconnaissance de la pénibilité : + 30% des AS ou + 20 % d’infirmières n’atteignent pas l’âge de départ à la retraite car leur dos ou épaules sont « cassés » par leur travail : elles sont soit en maladie, soit invalident !

 

Je vous prie de croire, Monsieur le premier ministre, à l’expression de ma considération la plus respectueuse.

 

Pour le bureau syndical

 La secrétaire générale

 Brigitte LAROCHE

 

 

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