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Référendum d’Initiative Citoyenne : ne pas céder à la carotte

17 Décembre 2018 Publié dans #Social

les gilets jaunes revendiquent le RIC

les gilets jaunes revendiquent le RIC

 

Une revendication semble être montée en flèche dans le mouvement des « gilets jaunes » la semaine dernière et ce week-end. En tous cas, elle a été très largement rabâchée par les médias et tout un éventail de politiques : l’inscription du Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC) dans notre constitution.

Dans les grandes lignes, il s’agirait de prévoir qu’un certain nombre de citoyens puissent provoquer l’organisation d’un référendum sur divers sujets. (Le nombre nécessaire et les sujets auxquels ce principe serait appliqué restant à définir : proposition ou abrogations de lois, révocations d’élus…)

Voici quelques éléments de réflexion sur cette arnaque annoncée qui voudrait nous faire croire à une véritable amélioration démocratique...

 

Effacement des revendications initiales

L’effet immédiat de la mise en avant de cette mesure martelée par les médias ainsi que nombre de politiques est la mise au second plan des revendications portant sur l’amélioration du quotidien des travailleurs.

Exit les questions de justice fiscale (presque plus rien sur l’ISF, le CICE, la TVA, l’évasion et l’optimisation fiscale des fortunés et des multinationales…),

Exit les questions de justice sociale (disparition des revendications salariales, de la critique de la liquidation des services publics),

Exit, en somme, les questions importantes à même de remettre en cause ce gouvernement au service de la bourgeoisie et du capitalisme

On comprend pourquoi E. Philippe « ne vois pas comment on peut être contre son principe » !

Dans le même temps, les députés de la France Insoumise se sont empressés de faire savoir qu’ils allaient déposer une proposition de loi dans ce sens.

 

Un dispositif inefficace voire contre-productif pour la démocratie

L’argument développé par les défenseurs de ce référendum est qu’il va permettre de résoudre toutes les autres questions. Rien n’est moins sûr…

Certains de nos voisins disposent de ce moyen dans leur constitution, on cite souvent la Suisse en exemple et quelquefois l’Italie. Le peuple semble-t-il avoir tout pouvoir et toute souveraineté dans ces pays ?

Pour l’anecdote, la durée du travail en Suisse varie entre 45 et 50 h/semaine (on arrive à 42 h en moyenne avec les conventions collectives), l’âge légal de départ à la retraite est de 65 ans pour les hommes et 64 pour les femmes ! Les travailleurs suisses acceptent-ils ça bien volontiers, tout à fait libres de leur choix ?

Dans ces pays « exemplaires », le référendum reste l’arme des politiciens :

- Ils peuvent le retoquer car ils gardent le pouvoir législatif : en 2017, la cour constitutionnelle italienne a refusé le résultat d’un référendum contre une loi de dérégulation du marché du travail ;

- Ils peuvent le manipuler pour s’offrir une tribune médiatique : en 2009, l’extrême droite suisse avait fait grand bruit (jusqu’en France) en menant une campagne contre la construction de minarets (précisons qu’au moment du vote il y avait en tout et pour tout… 4 minarets en Suisse…)

- Ils peuvent en délimiter le cadre : E. Philippe a déjà annoncé « pas sur n'importe quel sujet ni dans n'importe quelles conditions »

Comme tout processus de vote actuellement les référendums font l’objet d’intenses campagnes à travers les pays et dans les médias.

Qui a les moyens de s’offrir une campagne d’envergure au niveau national ? Sûrement le Medef et les partis et mouvements sponsorisés par le patronat et la bourgeoisie !

Pourrons-nous faire confiance au système médiatique actuel pour nous expliquer en détail les tenants et les aboutissants de ces votes ? Ne comptons pas plus sur BFM et consorts que sur Facebook et les nombreux jeux d’influences qui s’y trament !

 

Valoriser la proposition de l’instauration du RIC, c’est la dernière tentative en date pour enterrer un mouvement qui a pour intérêt de mettre sur la table des revendications intéressantes (sur les salaires, sur la fiscalité…).

 

Cela doit tout de même nous confirmer une chose : la lutte pour de meilleures conditions de vie passe par la lutte de classe.

Bien que ce soient elles qui concentrent le plus de pouvoir sur nos vies, c’est dans les entreprises que la démocratie n’existe pas.

C’est contre ceux qui possèdent les moyens de production que ceux qui n’ont que leur travail doivent se révolter.

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