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Le prélèvement à la source de l’impôt sur les revenus prépare la fin de l’impôt progressif  et la mort de la Sécurité Sociale

19 Décembre 2018 Publié dans #Social

Le prélèvement à la source de l’impôt sur les revenus prépare la fin de l’impôt progressif  et la mort de la Sécurité Sociale

Le Gouvernement Macron, dans la foulée de Hollande, a mis en place le prélèvement à la source .

En 2019, tous les mois ou tous les trimestres, les employeurs pour les salariés, les caisses de retraite pour les retraités prélèveront le montant de l’impôt sur le revenu avant de verser les retraites ou les salaires.

Ils déclareront ensuite ces prélèvements aux impôts et les reverseront.

 

En janvier, le prélèvement de l’impôt 2019 sera fait (comme avant les tiers provisionnels) sur la base du taux d’imposition 2017. Après le dépôt et le traitement de la déclaration des revenus de 2018 (en août ou septembre 2019), le taux sera revu sur la base de 2018. En mai 2020, nous déclarerons les revenus de 2019 et, en août ou septembre 2020, nous connaîtrons enfin le montant réel de notre impôt 2019, et les régularisations à faire par rapport à ce qui a été prélevé.

 

Le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu ne peut fonctionner que pour les revenus versés par une personne ou une entité différente du contribuable (Salaires versés par l’employeur, retraites versées par une caisse, revenus de capitaux mobiliers versés par une banque).

Le prélèvement à la source de l’impôt pour les indépendants (artisans, professions libérales, commerçants, revenus fonciers) n’est pas un vrai prélèvement à la source . C’est juste une mensualisation obligatoire. Pas de prélèvement à la source possible quand le revenu concerné n’est pas versé au contribuable par un tiers.

 

Le prélèvement à la source n’apporte aucun gain de productivité : il y aura toujours autant de déclarations d’impôt sur le revenu à traiter. Et il faudra, en plus, traiter les déclarations des employeurs et contrôler qu’ils ne gardent pas une partie de ce qu’ils ont prélevé à leurs salariés comme ils font déjà avec la TVA.

 

Aucun gain non plus en matière de recouvrement: les impayés en matière d’impôt sur les revenus des salariés sont autour de 1%. Donc, à 99%, les salariés payaient déjà spontanément tout leur impôt.

Pourquoi donc dépenser des milliards en logiciels pour ne rien gagner, pourquoi construire une usine à gaz et prendre le risque d’un échec ?

 

Parce que le but réel est d’en finir à la fois avec l’impôt sur les revenus progressif et avec les cotisations sociales prélevées sur les entreprises en fusionnant la CSG et l’impôt sur les revenus.

S’il n’y a qu’un seul taux quel que soit le revenu, plus de quotient familial, plus de déclarations, plus de taux à envoyer aux entreprises.

Alors là oui, on peut supprimer des emplois aux finances !

Et l’on débarrasse les privilégiés à la fois des cotisations patronales et des tranches les plus élevées de l’impôt sur les revenus.

Par contre on fait payer les plus pauvres aujourd’hui non imposables et l’on augmente fortement l’imposition de la majeure partie de la population.

 

Le rêve des ULTRA RICHES QUI VOIENT ENFIN ARRIVER LE RéSULTAT DE PLUS D’UN SIèCLE DE COMBAT CONTRE L’IMPôT PROGRESSIF !

 

La destruction de l’impôt progressif a déjà commencé .

 

Les socialistes et la droite qui ont alterné au gouvernement ont fait passer le taux maximum de l’impôt sur le revenu, en 40 ans, de 65 % à 45 %.

Le nombre de tranches a été réduit de 14 à 5.

 

Macron a carrément exonéré de l’impôt progressif les actionnaires et les rentiers avec le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU).

 

Les revenus de capitaux mobiliers (dividendes des actionnaires, etc.…) seront soumis à un prélèvement unique de 30 %, comprenant la CSG à 17,2% et 12,80 % remplaçant l’impôt sur les revenus.

C’est le taux d’imposition d’un couple ou chacun gagne 2500€/mois, soit à peu-près le salaire moyen avant prélèvement CSG et mutuelle.

 

Le patrimoine des ultra-riches est essentiellement composé de revenus de capitaux mobiliers.

Ils ne seront ainsi plus imposés sur ces revenus au taux maximum de l’impôt sur le revenu (45%) mais à 12,8 %, soit à peu près le taux moyen d’imposition d’un couple gagnant chacun 2500 € par mois.

 

Le gain est déjà très important pour un petit actionnaire ou un patron de PME : Selon le magazine Capital, le cadeau est de 19 261 € pour une rémunération de 120 000 € à laquelle s’ajoutent 203 000 € de dividendes.

 

Pour les très gros, le cadeau est gigantesque : pour 731 000 000 millions (dividendes perçus par Bernard Arnault en 2014 selon le magazine Capital), le gain serait de 235 382 000 € .

 

Le principe même de la République est « De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins »

En matière fiscale, c’est la justification de l’impôt progressif .

 

Rien ne justifie que certains gagnent tous les ans 53 000 années de SMIC .

 

Lors de sa campagne de 1981, Georges Marchais avait proposé qu’au-dessus de

4 millions de francs, on prenne tout.

 

Des années 40 aux années 60, aux Etats-Unis, qui n’étaient pourtant pas gouvernés par des gauchistes, au-dessus de 200 000 $ (moins de 2000 000 d’euros d’aujourd’hui), l’imposition était de 91%.

 

Si changer la fiscalité ne suffira pas à changer la société, c’est un des leviers qu’il faut utiliser.

Il faut augmenter le nombre de tranches de l’impôt sur les revenus, taxer très fortement les revenus indécents et, parallèlement, en finir progressivement avec les impôts indirects (TVA Taxe sur les produits pétroliers etc...) qui sont des impôts dégressifs, dont le taux réel d’imposition, à l’inverse de l’impôt sur les revenus, augmente quand le revenu diminue.

 

Pour cela, il faut d’abord refuser le prélèvement à la source, cheval de Troie des possédants qui ont financé la campagne de Macron, pour supprimer l’impôt sur les revenus.

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