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livrer sans état d’âme le rail à l’appétit sans fin des entreprises privées: NON!

4 Mai 2018 , Rédigé par section PCF Bastides 81 Publié dans #alternatives politiques-luttes

livrer sans état d’âme le rail à l’appétit sans fin des entreprises privées: NON!

Ci-joint l'intervention de notre section au Conseil Départemental du 03 Mai 2018

Chers camarades,

   Les cheminots sont depuis plusieurs semaines engagés dans une lutte qui revêt un caractère exceptionnel. C’est en effet la première fois qu’ils sont confrontés avec une violence inouïe à ce qu’il faut bien appeler un coup de force idéologique, une tentative forcée de changement radical de société, de torpillage général de l’exception Française. Attaque frontale qui, loin d’être une première dans notre pays (on l’a vu avec EDF et LA POSTE) est inédite par l’intensité du séisme qu’elle risque de provoquer. Inédite également car elle s’attaque à un bastion du syndicalisme et de la lutte. Nous en sommes bien conscients : depuis des décennies, les gouvernements successifs appliquent en force ou avec ronds de jambes mais toujours avec zèle la politique de leur idéologie, celle qui sert leurs amis, qui leur rapporte à eux et à leurs copains de classe : celle des banquiers, des lobbies internationaux, des grands capitalistes.

   Mais aujourd’hui, le tournant amorcé avec Macron, le chantre de la démocratie élu avec 17% des inscrits et dont la légitimité, quoiqu’en dise certains, est contestable, ce tournant donc prend une direction inquiétante. Le virage se resserre très fort. L’autoritarisme et le dirigisme aussi. Le bel Emmanuel n’est en fait rien d’autre que le digne fils naturel de feu Margaret THATCHER avec son programme politique ultra libéral, les réjouissances qui l’accompagnent et qui s’ensuivront inéluctablement.

   La violence de l’attaque contre les acquis du peuple en général et l’entreprise publique SNCF en particulier est le terrible produit de ce petit Rothschild et de ses amis.

   Pour répondre à cela, la république nous aurait donc permis de « régionaliser » les solutions. Au niveau de la notre, l’Occitanie, le Binôme gagnant serait donc la paire Delga/Gibelin. La première pas si bête, envoie donc le camarade Gibelin au charbon pour populariser ce qui devait être la « convention » la meilleure de la planète signée avec la SNCF Régionale, la baguette magique du rail imaginée par la doublette politique populaire….Et c’est Gibelin qui se colle à cet exercice de style dans une courte interview parue dans l’huma…Et alors là…Là…. Rien. Le néant.

   Quelle communication tenir en effet quand le projet que l’on défend porte en négatif les bases du sabotage à venir ?

La convention signée pour huit ans ? Chacun sait qu’une convention est faite pour être jetée aux orties à la première occasion.

La réouverture d’une ligne et le maintien du train jaune ?  Combien de centaines de journées de grève, de manifestations, d’interventions auprès des élus, de débrayages, de prises de parole, quelle énergie colossale les cheminots et leurs syndicats ont ils dû déployer pour que ces avancées se concrétisent afin d’obliger l’exécutif régional à agir ?

Quid de la réduction de personnel en masse, de l’abandon du contrôle dans les trains régionaux, de la politique de filialisation de l’entretien du matériel roulant, des voies, des bâtiments, du patrimoine de l’entreprise ?

Quid de la sécurité des usagers avec des cadences de travail hors de l’entendement, des formations d’agents uniquement orientées vers le rendement, la performance ?

Quid de la cession en partenariat public/privé de multiples activités (toutes celles qui rapportent un peu d’argent) ?

Quid de la péréquation qui permet aux régions SNCF défavorisées de bénéficier de l’excédent budgétaire de celles qui sont mieux loties ?

Quid du service public national SNCF ?

De tout cela, le camarade Gibelin n’a pas dit un seul mot dans son interview ; Vous comprenez pourquoi elle fût courte…

Sa seule préoccupation fut de dire que la signature de la convention était une bonne chose car c’était une bonne convention…. C’est un peu court. Et c’est surtout révélateur de la maladie honteuse que nos élus tentent de dissimuler en n’abordant pas le fond du problème.

Car le fond du problème n’est bien sûr pas la signature ou pas d’une soi-disant « convention » fut-elle bonne, boiteuse ou mauvaise entre Région et direction régionale SNCF. Convention qui ne saurait être qu’un cautère appliqué à une jambe de bois. Les cheminots l’ont bien compris qui, en l’acceptant du bout des lèvres en ont dénoncé tout le côté nauséabond.

Le fond du problème, c’est la maladie honteuse que les élus cachent au peuple : c’est l’acceptation, sinon la volonté que la France ferroviaire soit morcelée région par région, ligne par ligne, activité par activité, ultra-sectorisée. Comme l’a été la poste.

Le fond du problème, c’est accepter de laisser se faire dépecer l’égalité territoriale d’accès par tous au train aux mêmes conditions quel que soit l’endroit où l’on vit. Laisser aux  goinfres privés toute latitude pour élaborer leur plan de spoliation des réseaux comme on l’a vu se mettre en place pour EDF.

Le fond du problème, c’est la politique de renoncement idéologique et du genou à terre qui permet de pouvoir livrer sans état d’âme le rail à l’appétit sans fin des entreprises privées.

   Alors comment en vouloir aux cheminots qui, lorsque l’on cite le PCF (qui avait déjà eu son heure de gloire avec Jean Claude Gayssot), nous servent du  Gibelin et son allégeance à son égérie Delga ainsi que notre comportement lors des différentes participations gouvernementales avec nos « amis » socialistes. 40 ans de renoncement et de soumission de notre parti à la social-démocratie et à ses exigences, sous le couvert comme d’habitude de l’union, du rassemblement, du « tous ensemble »….

 Mais revenons à la SNCF. On peut lire dans le projet transport de notre parti, entre autre curiosité, qu’il faudrait par exemple donner le statut de cheminot aux salariés des autres opérateurs ferroviaires.Ca peut sembler très juste et fort sympathique. Le côté obscur de la force, c’est qu’en proposant cela, on accepte de facto la concurrence privée :pire…on la légitime. Que répondre à un cheminot qui s’interroge à ce sujet ? Je parlerai plus loin d’autres incongruités de ce type. Notre projet ne tient pas sa route politique.

Pour redonner à ce service public son efficacité et son utilité et enfin pour que nous redevenions politiquement crédibles, il faut FAIRE SIMPLE, tout simplement. Si l’organisation générale de la grande entreprise qu’est la SNCF est à revoir de fond en comble, puisqu’elle a été livrée à des technocrates depuis plus de trente ans avec les beaux résultats que l’on sait, les fondamentaux qui ont présidé à la création de notre SNCF demeurent et sont toujours plus d’actualité. Les porter et les imposer nous redonneraient notre place de défenseurs du rail dans la tête des usagers et donc auprès de ces électeurs que d’aucuns aiment tant. Ils sont simples :

Socialement : Paiement du billet au prix du km dégressif ; retour aux tarifs lisibles et équitables : jeunes, familles, vieux, handicapés ; Retour à une entreprise à direction unique sous la tutelle exclusive de l’état.

Politiquement : Abrogation des mesures prises par Raymond Barre interdisant aux entreprises publiques de se financer par la banque de France et les obligeant à passer par les banques privées générant les dettes abyssales que l’on connait. Financement obligatoire et exclusif par l’état. Interdiction d’entrée du capital privé.

 

C’est simple, lisible et juste. Et qu’on ne vienne pas nous monter d’usine à gaz financière Européenne en nous laissant croire qu’en ponctionnant la BCE on règlerait le problème. Là aussi cautère sur jambe de bois. Le fond du problème étant, là encore, notre position politique concernant l’Europe, qu’il faudra bien que notre parti règle un jour et dont il faudra que nous discutions. Régler nos problèmes en utilisant les institutions Européennes, c’est déjà accepter leur Europe, ses contraintes, ses décisions et ses problèmes. Et que l’on cesse enfin cet auto satisfecit improbable qui consiste à se passer la brosse à reluire avec des mesurettes régionales : le remède est pire que le mal : il nous ridiculise.

 

  Revenons donc à la SNCF et à la politique de rassemblement et d’union tous azimuts menée par le PCF aujourd’hui. Le rassemblement d’accord ; mais avec qui et pour faire quoi ?

   L’enfumage général proposé pour régler les problèmes à la SNCF et qui consisterait à coaguler associations, autres partis, mouvements divers, médias alternatifs etc.…est un leurre pseudo démocratique. Nous le savons tous ; chacun dans un tel panier de crabes oeuvre pour son petit intérêt personnel…Loin, très loin du tous ensemble. Le parti dans son projet pour la SNCF parle d’un bateau de ce type, façon usine à gaz. Appliquer ça à la SNCF, c’est un peu comme si l’on donnait la direction de l’entreprise à nuit debout…Réussite assurée…les cheminots rigolent.

Sans commentaire !

   Le rassemblement ; le tous ensemble, la démocratie, la participation ? Oui, bien sûr! A condition d’être établis à partir d’un projet politique qui ne soit pas fait élection après élection de renoncements et autres gesticulations européennes.

   40 ans de pratiques de ce type de stratégie d’union à tous crins nous ont menés droit dans le mur et surtout dans la situation politique dans laquelle Mitterrand voulait nous conduire : l’anéantissement de notre parti. Sans compter le ridicule dans lequel elle nous plonge si l’on considère le comportement de Mélenchon à notre égard.

   La solution réside-t-elle dans le statu quo, le prolongement de cette politique de main tendue vers la scie à ruban ? Nous sommes nombreux à penser le contraire. Beaucoup moins nombreux à oser le dire, vus l’attitude et les propos que cela déclenche chez certains communistes, qui pourtant n’ont que le mot « démocratie » à la bouche. Quand on essaye de la pratiquer, cela peut déclencher de sévères crises d’urticaire !  Cela étant, nous continuerons à penser et à dire que c’est d’abord par la reconquête du monde du travail en collaboration avec le mouvement syndical, la reconquête des couches populaires qui sont notre raison d’être que passent notre crédibilité et la réussite de notre ré émergence.

 

Porter haut notre identité et nos valeurs Communistes, voilà l’objectif  plutôt que de les laisser se dissoudre dans une Gauche policée, technocratique, élitiste, financière, électoraliste et idéologiquement toxique, cela dans le but improbable d’obtenir des résultats électoraux même pas au rendez vous !

 Camarades, nous pensons réellement qu’il est grand temps, mais encore temps d’arrêter cette machine là.

Il faut cesser ce triste spectacle politique car si le prochain congrès devait confirmer ces choix (et tout est mis en œuvre pour qu’il en soit ainsi), alors, les camarades qui se seraient laisses convaincre, voire abuser par cette alternative et ce choix politiques auraient la lourde responsabilité de voir leur PCF sombrer tranquillement vers l’oubli, n’être plus que l’ombre de ce qu’il fût et d’être obligés de l’assumer devant l’histoire.

   Nous ne pensons pas que ce soit ce que les communistes désirent, bien sûr.

Alors soyons COMMUNISTES, debout et affirmés avec notre identité collée au front. !!! Et quand l’huma demande, pour clore l’interview dont j’ai parlé, si le camarade Gibelin soutient la lutte des cheminots, ce n’est pas par un rond de jambe et un pas de deux pirouettant comme il l’a fait qu’il faut répondre. Je vous invite à relire le texte.

Un cheminot gréviste lors d’une AG il y a quelques jours me demandait d’intervenir au nom du PCF (ce que j’ai refusé de faire en AG)

Au vu de ma réponse, Il me glissa alors à l’oreille : «  c’est vrai qu’avec GIBELIN……. » Ca fait mal, quand même…Et vous jugerez de l’importance des points de suspension…

Sur quoi il ajouta ; « Etre communiste, c’est quand même pas une maladie… ? »

Voilà en deux phrases de ce jeune camarade cheminot gréviste et syndiqué à la CGT la situation résumée, par cette terrible question.

Pour être honnête, Il aurait fallu que je lui explique que c’est le PCF lui-même qui était malade… de ces maladies honteuses dont je parlais plus haut…Mais tout se soigne n’est ce pas, à la condition de servir le remède adéquat ?

 

 

 

 

 

 

 

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